Exposition Tous en selle !

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Le Paris-Brest-Paris s’affiche à la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines !

Pour la seconde fois, la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines s’associe à la randonnée cyclotouriste Paris-Brest-Paris dont le départ sera donné à Guyancourt le dimanche 21 août prochain.


Douze photographies de la dernière édition (2007) ont été adressées à 12 poètes qui proposent leur lecture de l’image qui leur a été confiée.

Venez découvrir le lien étroit entre le regard d’écrivains d’aujourd’hui, qu’ils soient ou non pratiquants, amateurs ou admirateurs de la « petite reine » et le coup de pédales des forçats de la route que sont les participants à cette épreuve hors du commun.

L’exposition est visible à La Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines (10 place Pierre Bérégovoy 78280 Guyancourt) du 31 mai au 1er juillet les mercredis, jeudis et vendredis de 14h à 18h puis à la médiathèque Rousselot (12 place Pierre Bérégovoy 78280 Guyancourt) du 2 au 29 juillet les mercredis et samedis de 10h à 13h et de 14h à 19h.

Cette exposition sera également affichée dans l’ensemble des villes-contrôle du Paris-Brest-Paris entre juin et novembre.

Plus d’informations sur www.maisondelapoesie.agglo-sqy.fr

Le coureur Duval  - Olivier Salon

C’est un trou de chaussure, un trou en chambre à air
Une petite roue qui tournait ses rayons.
Un coureur jeune, bouche close, tête nue
Et la nuque baignant dans les sacs en plastique
Dort ; il est étendu sur le plein synthétique

Pâle dans ses gants noirs, toute fatigue bue.
Chaussettes et godasses, casque, slip et sueur :
Les parfums ne font pas frissonner sa narine.
Il est tout rouge, et bande noire au côté droit.

Jacques Fournier

La crudité de l’image que nous allons vous montrer est susceptible de choquer les enfants et les personnes sensibles. Veuillez les éloigner de votre poste de télévision.

Notre envoyé spécial sur le front du Paris-Brest-Paris, un conflit qui s’enlise depuis 1891, nous a transmis cette image difficilement supportable, mais que la déontologie nous oblige à diffuser. Sous la sombre toile kaki d’un hôpital de fortune, éclairé par quelques néons blafards, des volontaires soignent avec les pauvres moyens du bord les rescapés de l’épreuve. Sous la couverture jaune, signe distinctif des cas désespérés, cet homme sait que son genou est foutu, mais il accepte son sort avec résignation et courage. Il tente de sourire mais le rictus qui déforme son visage marqué en dit long sur sa souffrance. Son dernier geste sera cette lettre qu’il dicte pour sa femme, restée au pays. Soutenue par des proches, une mère est venue présenter son enfant une dernière fois à son père, qui, torse nu sur son châlit, la main levée en un dernier geste d’adieu, lui prodigue ses derniers conseils et lui transmet sa passion : Tu quoque mii fili... Saluons tout particulièrement la ténacité et l’abnégation des hommes et des femmes en orange et bleu qui donnent de leur temps au péril de leur vie pour apporter soins et réconfort à ces combattants du quotidien qui, soyez-en sûrs, chers téléspectateurs, y retourneront tant que l’épreuve durera.

Nous vous invitons à laissez vos enfants éloignés du poste.

Un peu de légèreté maintenant, avec l’ouverture au public du 35e salon de la lingerie fine à la Porte de Versailles, à Paris (…)

Emondo De Amicis (1846-1908),

Et chaque fois que, sans être vu, je pouvais examiner à mon aise une bicyclette appuyée contre un mur, j’en étais attiré comme par un fruit défendu, je me sentais obligé de la saisir, de la tâter, de la redresser et de la déplacer, de lui demander comme à une forme dotée de sens et de conscience s’il était vraiment vrai qu’elle avait la vertu de rendre à la maturité quelques instants de jeunesse, de dissoudre dans l’air les mélancolies qui sautaient sur son dos, de ramener son cavalier à la maison le sang et l’esprit revigorés ; et les éclairs que m’envoyait sa fine membrure d’acier me paraissaient des regards d’assentiment, des sourires prometteurs, des œillades d’incitation amoureuse : une invitation à tenter l’aventure.

Extrait de La Tentation de la bicyclette, éditions du Sonneur, Traduit de l'italien par Olivier Favier. Reproduit avec l’aimable autorisation des éditions du Sonneur (www.editionsdusonneur.com).

Frédéric Forte

Et quoi sous les casques ?
Pensées en mode mineur :
creuser un tunnel
ou se voir pousser des ailes.
Ah ! l’oxygène en gélules.

Roland Nadaus

Cavalerie légère
les commandos de Sa Majesté
la Petite Reine
se préparent à l’assaut

Le lasso du départ va bientôt libérer
leur impatience
leur exigence :

pédaler pour rien

pour rien d’autre que l’amour
du Vélo

pédaler pour Y aller
pédaler pour En revenir
–grand aller-retour sur soi-même–

Peloton de tête - Anne Poiré

Un casque bleu au milieu de l’armée
Des roues
Pour pacifier la terre
Pour alléger le monde
Sur la route
Et puis des fruits
La pulpe de l’orange du citron du pamplemousse
Même les pneus ne crèvent plus
Bref
Pas un pépin



Seul en selle - Dominique Sampiero


La petite reine a mangé les yeux, le visage et les jambes
de celui qui, accroché à son verre de thé, cherche du regard
la route, entre ciel et terre, le chemin qui, dans l'effort
va lui rendre un peu de présence et, dans les montées
tout son courage pour traverser ces pays de casquettes
et de sprints où, entre les cris des badauds entassés
pour voir l'apparition, se surpasser c'est atteindre
le héros blanc, invisible, endormi en chacun de nous
pour ressembler finalement à n’importe qui
perdu dans ses rêves de victoire sur la mort.

Paul de Brancion

Bon, il pleut dans la montée
Il n’a pas mis son K-way jaune
Comment fait-il pour garder l’équilibre ?
Y sont tous derrière lui les autres, les casqués
Carrément allongé sur son clou la chevelure au vent
Libre avec ses lunettes noires de motard yankee
Easy Rider pédale
Tisse la route de ses grandes cannes poilues
Tricote du short
Exquisément loufoque avec son survêt bleu blanc rouge




Jacques Morin

Ce n’est pas la tournée du facteur
           et ce n’est pas gagné

suivent pentes assassines, traîtres faux-plats,
                        côtes flottantes

jambes de feu cuisses de coton
             du soufre dans la gorge
toute une forge sur la bécane

            souffle souffre geins dans la tête
grogne mon grognon grogne la sacoche est pleine
                          l’être suit

Paul Fournel

Entrer dans le champ, en sortir sur le champ, le temps d’une danseuse, ne pas tourner l’œil vers la gauche, ne pas avoir envie d’être assis au soleil sur le rebord de béton devant la vitrine, ne pas songer à ployer le cou pour un peu de détente, ne pas vouloir rire des cyclistes qui entrent et sortent interminablement dans le paysage de la ville, ne pas penser, porter sa charge, enrouler son modeste braquet, lever les fesses qui brûlent, ne rien voir au dehors. Plus que 800 km.



Pierre-Benoît Pasteur

Fais dodo
Cyclist’ mon p’tit père
Fais dodo
Tu rêv’ de vélo

L’braquet est en haut
Ça fait pédalo
Le pneu est à plat
Ça fait des dégâts

Fais dodo
Cycliste mon p’tit père
Fais dodo
Tu rêv’ de vélo





Cette photographie n’a pas de texte attribué… parce que ce sera à vous, visiteurs, de l’écrire, ce texte…
Vous pouvez nous l’envoyer avant le 21 septembre 2011 à This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it avec comme objet : Paris-Brest-Paris 2011, avec vos nom, prénom et coordonnées mail.
Nous sélectionnerons les textes qui nous paraîtront les plus pertinents et les publierons sur notre site www.maisondelapoesie.agglo-sqy.fr

Jean-Claude Martin

« j’arrive pas à croire que c’est toi, je t’ai jamais vue comme ça… tu es à bout, tu es au-delà… jamais je ne t’ai vue accepter autant de douleur, avoir autant de plaisir… je ne le dis pas, mais j’en ressens énormément de jalousie, presque de la haine…je fais semblant de tendresse, après tout tu es venue me voir sitôt la ligne d’arrivée franchie, pour me montrer combien tu étais heureuse et épuisée, je t’en remercie et t’en veux… tu aurais dû épouser ton vélo… »