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127 vidéos et plusieurs centaines de photos en ligne du Paris-Brest-Paris 2007 ! 127 vidéos et plusieurs centaines de photos en ligne du Paris-Brest-Paris 2007 !
Mardi 03 février 2009
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Mon premier Paris-Brest-Paris

Vélos alignés Pourquoi, participer à Paris-Brest-Paris? L'idée a germé suite à la participation de mon père en 2003. "Le prochain, on le fera ensemble".
Pourquoi pas? Mais, il me reste beaucoup de kilomètres à effectuer, pour être présent sur la ligne de départ à Saint Quentin. En 2003, ma plus longue sortie en vélo n'était pas supérieure à 200 kms. L'année dernière, je débute sur les longues distances. Bordeaux-Paris se révèle être un essai concluant. Je décide alors de préparer Paris-Brest.

Les brevets qualificatifs se passent relativement bien et je me présente sur la ligne de départ avec 6500 km d'entrainement. Je pense être prêt physiquement et mentalement. Toutefois, j'ai envisagé le pire : pluie, vent, chute, blessure, mais pas l'abandon (impensable). Le manque de sommeil me fait un peu peur, moi qui en ai souffert sur le brevet de 600 km. Là, je vais devoir passer 3 nuits consécutives sans dormir ou presque.

Je prends le départ de 5h00 le mardi 21 août. Nous sommes 10 du même club dont mon père. Nous devons effectuer les 1227 km officiels en moins de 84 heures et donc couper la ligne d'arriver avant 17h00 le vendredi 24.
Le départ se passe relativement bien. Je suis prudent et fais attention aux autres et à tout ce qui tombe sur la route (objets divers, éclairage). Toutefois, pas de chute de cyclistes, plutôt rassurant malgré un peloton imposant.
Nous n'avons effectué que 50 km et la pluie fait sa première apparition... On s'arrête, se couvre et on repart. Nous filons vers Mortagne au Perche où les premières difficultés se présentent.
La première journée se passe relativement bien et aucun souci particulier ne vient entraver notre progression.

Une douleur soudaine

Toutefois, après le contrôle de Tinténiac, une douleur soudaine à la selle m'inquiète (irritation). Je me doutais que j'allais souffrir des fesses, mais aussi loin de l'arrivée je ne l'avais pas envisagé. Il reste entre 850 à 900km et je vais devoir commencer mon numéro de "danseuse", c'est à dire passer "toutes les bosses debout" afin de me soulager.

La nuit tombe et nous nous dirigeons vers Loudéac.
Nous progressons à bonne allure, et la fatigue commence à se faire sentir. Irréel! Dans chaque village traversé, des cyclistes sont couchés à même le sol (sur des pelouses, sur les marches des églises,....) ou bien même dans des fossés. J'y suis vraiment, c'est ça Paris-Brest!!!

Dans la nuit, nous nous arrêtons à Illifaut chez une mamie (que je remercie) qui propose café et tartine de confiture... Nous sommes 4. Un Brésilien est là assis au bout de la table. Cette pause de 15 minutes nous fait du bien et nous laissons notre place à un Suédois et à un Allemand.

Nous arrivons à Loudéac. Impensable! Des centaines de vélos! Il faut faire attention où l'on pose ses pieds. Des vélos sont couchés sur le sol, tout comme des hommes ...endormis! A Loudéac, nous décidons de dormir (si je puis dire). 30 minutes de sommeil et nous repartons. Direction Carhaix.
La sortie de Loudéac est difficile, les côtes se succèdent. Ne parlons pas de celle de Merléac, interminable! Le jour se lève, et les cloches de l'église annoncent 7h00. Nous nous arrêtons au stand monté dans le centre du bourg. Il n'y a plus de café et nous repartons aussitôt. Saint Martin des Prés, commune voisine, nous permettra de prendre un petit déjeuner.

A Carhaix, tout comme à chaque contrôle nous prenons le temps de manger. Puis, nous reprenons la route, direction Brest.
Le tronçon Carhaix-Brest est difficile. L'ascension vers le Roch Trevezel interminable. Sur Paris-Brest, il faut être patient. Nous entrons dans Brest, il fait beau. Un cycliste a été renversé par une voiture. Les pompiers ont pris en charge le blessé, le SAMU arrive...

10 km sans pouvoir m'asseoir

Nous arrivons au contrôle, il est 15h00, et 34h00 se sont écoulés depuis le départ. Nous avons effectué une moyenne de 24 km/h sur le vélo. A 16h00 et nous prenons la route du retour.
Je souffre terriblement de ma blessure à la selle. 10 km sans pratiquement pouvoir m'asseoir sur la selle. Je doute. Comment vais-je pouvoir rejoindre Saint Quentin? Je ne trouve pas de solutions. Je pense à l'abandon mais on abandonne pas Paris-Brest. Je dois aller au bout de l'aventure!!!

A Sizun, je m'arrête dans une pharmacie, pensant trouver la salution à mon problème. J'expose mon cas au pharmacien, lui montre mes pommades (Biafine, mytosil). En vain. Il ne peut rien pour moi. Nous repartons et descendons sur Carhaix. Les premières gouttes de pluie se font sentir. J'accélère le rythme pour ne pas arriver trempé au pointage. J'effectue une pointe de vitesse à 70 km/h dans la descente du Roch Trevezel. Nous arrivons à Carhaix (il pleut).

Pendant que nous mangeons, la nuit tombe. Nous décidons alors de prendre une douche et de rejoindre le dortoir pour quelques minutes de sommeil.
Nous repartons vers Loudéac où la bruine nous accompagne. Le vent défavorable à l'aller nous est plutôt favorable même si celui-ci est faible pendant la nuit. Nous traversons des villages endormis où seul le bruit des roues libres vient entraver la qiétude des lieux. C'est la deuxième nuit, et le "spectacle" est le même que lors de la première nuit : Cyclos endormis enveloppés dans leur couverture de survie, couchés à même le sol.

Loudéac, Tinténiac, Fougères (quelle côte avant le contrôle!!!) sont les contrôles suivants. Nous ne rencontrons pas de problème particulier. Mon état est stationnaire (pas de saignement).

Nous arrivons à Villaines la Juhel en fin d'après-midi (nous sommes le jeudi 23 août). Un repas copieux (des pâtes pour changer...) permet de recharger les "batteries". Nous allons entamer notre troisième nuit...La pluie a refait son apparition et va nous tenir compagnie encore une fois. Direction Mortagne au Perche.
A Mamers nous nous arrêtons prendre un café, gracieusement offert. Puis, nous repartons. Un groupe de Danois revient sur nous. Nous "calons les roues". Le rythme est soutenu et les difficultés avalés à vive allure.

Les dernières "bosses"

Nous arrivons à Mortagne au Perche. Même rituel que lors des autres contrôles (restauration, brin de toilettes). Nous décidons de dormir un peu. Couchés dans un coin de l'immense salle (parmi tant d'autres), nous nous reposons une demi-heure et reprenons la direction de Paris. Direction Dreux.

Nous passons les dernières "bosses" de Longny au Perche,puis nous abordons une partie du parcours beaucoup moins difficile.
Il doit être 5h00 du matin et je chute!! Des imbéciles ont déversés de l'huile de vidange sur la route. Ma roue avant glisse, la chute est inévitable. Je me relève, examine mon vélo. Je souffre du coude gauche (veste déchichée) mais je repars. Nous faisons une centaine de mètres et nous nous arrêtons de nouveau. Une dizaine de cyclistes discutent au milieu de la route. Nous apprenons que des cyclos viennent de décrocher un câble en acier, tendu en travers de la chaussée. Nous prévenons la gendarmerie puis reprenons notre progression. Je ressents des douleurs provoqués par ma chute (poignet, coude et hanche, du côté gauche). Nous approchons de Dreux péniblement.

La ville de Dreux est la bienvenue. Il est 7h00 le vendredi 24. Je me fais soigner à l'infirmerie pour un saignement au coude gauche. Je ne suis plus très vaillant. La fatigue pèse de plus en plus lourd. Physiquement je suis diminué (douleurs au fessier, coude...)Direction Saint Quentin....
L'arrivée est proche, plus que quelques heures. Je commence à avoir des douleurs au niveau de ma cheville droite (qui a heurté mon pédalier en chutant). Les derniers kilomètres sont pénibles. Je déchausse difficilement aux "feux rouges" qui se multiplient sur la fin du parcours. Puis, j'aperçois le rond-point du gymnase, il est 11h30. Des centaines de personnes sont massées autour du giratoire. Les applaudissements et les "bravos" me font oublier la difficulté de l'épreuve. ENORME! Je descends de vélo et marche difficilement pour pointer ma carnet de route. C'est fini!!!

Bilan: 78h44 pour effectuer les 1200km. Des bobos physiques à soigner. Une énorme satisfaction d'avoir pu accomplir la totalité du parcours malgré mes déboires. Malgré tout, je vais revoir mon équipement pour les longues distances (surtout ma selle) et c'est promis, je reviendrai sur Paris-Brest.

Quelle extraordinaire épreuve!

Pour moi, c'était le cadeau que je me suis offert pour mes 30 ans.

 

Contribition envoyée par "le dossard 5204".

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