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127 vidéos et plusieurs centaines de photos en ligne du Paris-Brest-Paris 2007 ! 127 vidéos et plusieurs centaines de photos en ligne du Paris-Brest-Paris 2007 !
Mardi 03 février 2009
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Pâri bête Paris

L'arrivée à Saint-Quentin-en-Yvelines Adepte de la pratique du vétathlon (Challenge Ufolep 28)(VTT+ course à pieds), je m'étais fait une tendinite au tendon d'Achille ce printemps m'empêchant de courir. Alors je me suis dit puisque mon tendon d'Achille ne me gène pas à vélo, je vais faire le PBP cette année.

La veille de PBP après avoir regardé à la télé la météo de la semaine, j'avais le moral dans les chaussettes. Toute cette année, je m'étais entraîné dans des conditions météos difficiles.
15 jours avant l'épreuve j'avais passé une semaine dans les Alpes à Arêches ou j'avais eu un temps pourri (neige à partir de 2000 m) mais celà ne m'avait pas empêché de me farcir 1 col chaque jour et 3 cols le dernier jour.J'y avais notamment rencontré le tandem vélo couché. Il faut dire que j'aime le vélo en montagne, je m'y sens dans mon élément; mais avec ce temps pourri, j'avais chopé froid et PBP débutait avec la fin de mon traitement antibio.

Le jour du départ, j'ai décidé de chausser mes surchaussures et de mettre un petit garde boue de VTT sur mon vélo. Je ne vais pas quitter mon Kway sur toute l'épreuve

J'ai réalisé cette année mon 1er PBP.

Le départ à 20h15 était magique avec cette foule sur les premiers hectomètres.
On aurait dit une armée partant en campagne sous les vivas.
Hâbitant à proximité du départ (proche Rambouillet) je connaissais bien les dangers des 1ers Km; aussi , j'étais très prudent.
La côte de Montfort L'amaury s'est grimpée plus tranquille que je ne l'imaginais. Je suis avec les premiers de la 2ème vague. Je me retourne et je vois ce long cordon lumineux sous le soleil couchant; putain c'est beau un peloton la nuit.
Nous doublons le dernier de la 1ère vague avant la descente de Gambaiseuil.
Je me mets aux avants postes dans la descente pour éviter les chutes.
A présent, je suis devant, celà me fait tout drôle de penser que je suis en tête d'un des pelotons du PBP. Mais je necherche pas à jouer les gros bras. Je repasse pourtant en tête dans le virage de Gambais que je connaît bien.

Je passe également la descente de Coulombs et la traversée de Nogent le Roi en tête. Nous rattrappons de gros paquets de la 1ère vague avant Chateauneuf en Thymerais.

Je cherche à rester à proximité de Hugues avec qui nous partageons la voiture suiveuse. Je sais qu'il est plus costaud que moi. Mon objectif est de rester avec lui jusqu'à Brest pourprofiter de l'assistance de la voiture. Après je me débrouillerais tout seul pour le retour.
Je suis un peu stressé et j'ai peur de ne pas pouvoir suivre Hugues. Jean-Paul Divaret qui nous fait l'assistance m'a mis la pression.

Il m'a dit que ça pêtait dans la côte de Longny au Perche. Je connaît bien cette partie du parcours car j'avais réalisé mon brevet de 600 Km (organisé par le CTR de Rambouillet) jusqu'à Fougères aller/retour. Et puis tout seul, je m'étais fait des virées dans le coin.

Dans Longny je suis en tête autour de la grand place.

Je suis la moto ouvreuse qui se trompe et ne tourne pas à droite. Les 50 premiers du peloton, nous devos faire marhe arrière. Habitué du VTT, je grimpe sur le trottoir et monte la bosse à fond pour rejoindre les premiers. J'arrive la haut en 3ème position essoufflé. Finalement rien n'a pêté dans cette bosse car tous les premiers ont fait fausse route. La 2ème bosse fait office de juge de paix. Un Italien lance les hostilités; nous ne sommes que 2 à le suivre. Ils sont costauds, je reste dans les roues. Nous arrivons à Mortagne. Je cherche Jean-Paul qui a un grand parapuie pour qu'on le reconnaisse. J'avais préparé une musette de toile pour pouvoir faire un ravitaillement volant mais finalement, je prends le temps de remplir mes poches. J'avais d'ailleurs caché de la bouffe à des endroits statégiques dans le village au cas ou.
Hugues arrive. Nous repartons ensemble. Nous pissons ensembles. Le peloton s'est éfiloché. Il faut se mettre à rouler. Un des cyclistes roule sur un chat blanc en pleine campagne...moi qui croyait que la nuit, tous les chats étaient gris.

A Vilaine la Juelle, le temps que je pisse au contrôle, Hugues était parti.
Je repars donc avec plus de pression pour ne pas être trop lâché.

J'arrive à Fougères à 6h30. Jean-Paul me rassure en me disant qu'Hugues n'est qu'à 5 minutes.

Tinténiac: 8h40 et toujours 5 minutes de retard. Je crois que c'est à ce ravito qu'il faut marcher beaucoup. Moi, je cours, habitué des transitions VTT course à pieds. Je repars seul. Je me fait rejoindre par 3 autres. Un tandem nous double, nous prenons la roue quelques temps mais c'est trop dur. Je ne suis pas au mieux. Il pleut l'arrivée à Loudéac se fait attendre. J'accuse à présent un retard de 45' sur Hugues. Jean-paul me dit qu'il m'attends.

J'arrive à Carhaix à 15h30. Je repars avec un Italien très fatigué dit-il. Un petit groupe nous rejoint. Il y a parmis eux un Parisien avec qui j'avais fait le brevet de 400 Km à Orléans et le 600 de Rambouillet. Dans les bosses qui précèdent le Roc Trevezel, ça pête. Nous sommes 4 ; 2 Allemands costauds et l'Italien fatigué. Les allemands roulent un ton au dessus pour moi; j'ai du mal à prendre les relais . Je ne suis pas puissant et je me débrouille mieux dans les bosses. Quand ça monte, je prends la tête. Au sommet du Roc Trévezel , je joue le maillots à pois comme un jeune cadet. Les Allemands me traîtent de "Schwarz Kopf". J'ai du mal à parler avec eux. Je leur dit que j'aime la montagne; que j'adore les cols.

Après la descente, nous croisons les premiers; ils sont une vingtaine . Il y a Coco, Christophe Boquet, Philippe Deplaix avec qui j'avais fait les brevets de 300; 400 et 600 Km.

Le passage sur la rade de Brest est un moment d'enchantement.

Le soleil couchant illumine la rade. Celà valait le coup de venir. Je passe tout Brest en tête de la Panzer Division. Il est 19H. Je suis 60ème.

Au ravito, je discute avec Jean-Paul mais je sens que ma tête tourne. Je lui dit : " Il faut que je m'allonge dans l'herbe." Je n'ai pas le temps de m'allonger et je tombe dans les pommes dans les brasde Jean-Paul. Je me réveille; un secouriste est près de moi. Je retrouve mes esprits. C'est à ce moment que ma femme et mes 3 garçons arrivent. " Tu tombes bien " lui dit Jean-Paul. Les secouristes m'aident à me relever et m'aident à me diriger vers la salle d'infirmerie. Je ne m'affole pas; celà m'était déjà arrivé lors du brevet de 600 Km. Je sais qu'il faut que je m'allonge et que je dorme. Je bois un petit Coca pour me refaire la glicémie. Arrive un autre cycliste. Il a le feu au cul; la chaîre à vif. Les conversations et les néons dans la gueule m'empêchent de dormir. Au bout de 3/4 d'Heure, je me lève mais la tête tourne à nouveau. Là, je suis un peu + anxieux. Je mange encore, me recouche 5' et là ça va mieux.

Au réfectoire, je rencontre Joel GAborit du CTR de Rambouillet. Je me change, je fais un brin de toilette et je repars. Il est maintenant 22H. J'ai perdu beaucoup de temps. Mais mes enfants sont fiers de moi, je le lis sur leur visage.

J'attends un autre cycliste pour partir car je ne veux pas me perdre. Peu à peu nous nous retrouvons à une petite dizaine. Nous roulons calmement. Je suis en forme mais la fatigue me gagne. Mr et Mme Lemercier qui tiennent le contrôle de Loudéac m'avaient proposé de dormir chez eux, mais je crois que j'arriverais trop tard à Loudéac.

Je préfère m'arrêter à Carhaix où j'arrive vers 1H.J'y retrouve l'assistance de Joel qui dors dans la voiture. Je prends un lit de camp pour 2H. Le ronfleur ne m'empêche pas de m'endormir avec mes boules Quies.
Je repars à 4H, seul. Un groupe me rejoins;Ils roulent fort. je prends les roues mais dans les portions où la route est étroite et non munie de bandes matérialisant le milieu ou les côtés de la chaussée, je préfère rouler seul.Je n'aime pas rouler quand je ne vois pas où je vais. J'ai peur en peloton; Voilà pourquoi je ne pourrais jamais faire un temps sur PBP. J'ai peur de m'emplafonner un cycliste venant en sens inverse. Ils sont nombreux ces essains de lucioles fendant la nuit.
Ce n'est qu'à l'approche de Loudéac que je me fais rejoindre par un groupe de vieux briscards qui me convient.

Loudéac : 22/08 - 9 heures

A Loudéac, je rencontre Hugues et Philippe Deplaix. Ils viennent d'abandonner. Philippe est tombé, il s'est cassé une côte et il n'a plus d'assistance. hugues est resté avec lui par amitié pour ne pas le laisser seul. Jean-Paul va ramener tout ce petit monde. Moi, je vais continuer seul. J'attends cependant la famille Lemercier qui souhaitait m'encourager. J'en profite pour faire régler mon câble de dérailleur avant. Celà m'a fait perdre un peu de temps mais ce n'est pas bien grave.

Nous repartons à trois. Un policier aguéri de Marne la Vallée et un Rennais. Nous roulons à notre rythme. Celà me convient . Le policier voulait mettre 60 heures mais il sait qu'il n'est plus dans ses temps.

Nous arrivons à Tinténiac à 14 h. Une jounaliste me dis " Je devais parler d'une Australienne , mais elle a abandonné. Alors vous n'abandonnez pas". Celà me donne une mission supplémentaire. Je vais au self pour manger une assiette de nouilles. Mais le temps de manger et mes compères étaient partis.

Je repars en chasse patates pour rejoindre mes lascars. Je suis en super forme (le vent doit aider beaucoup) .
Deux supers costauds me doublent. Je prends les roues. Un club cycliste nous rejoint...là j'explose. La dernière montée de Fougères est dure; je suis un peu cuit.Il est 16h59. Je retrouve mes compagnons d'infortune. Je mange 1 sandwich et café en 4ème vitesse(ce qui n'est pas bon pour la digestion).

Nous repartons. Nous sommes quatre puis trois (le policier) et un boulanger de Fontainebleau. Je ne suis pas bien. Je reste à l'arrière. Mon genoux droit me fait souffrir à froid.
Mais après une demi-heure, la forme revient et je tire les autres. Le policier fait toujours le trou dans les pédales et moi je ramène toujours le boulanger qui a du mal.

Nous traversons des villages décorés. Les gens nous invitent à nous restaurer chez eux mais le policier ne veux pas faire tomber la moyenne.

Nous arrivons à Vilaine à 21h30. Là, c'est l'arrivée du tour de France. Beaucoup de spectateurs venus nous encourager. C'est magnifique. Je suis sur un petit nuage. Je mange encore 10 fois trop vite pour ne pas louper le départ. Un médecin me dit que ce n'est pas bon de manger si vite.

Nous repartons. Le démarrage à froid est toujours dur pour mon genoux mais la forme revient à chaud. Nous sommes un 5 à 6. Le policier fait des écarts. Je me sacrifie toujours pour ramener les autres. J'essaye de les protéger du vent de côté du mieux que je peux car je sens que je suis le plus fort de tous.

Il pleut. J'accélère dans la montée finale avant Mortagne.

Le Rennais a repris des forces, il me double.

Mortagne: 1h45.
Nous décidons de dormir à Mortagne. Le policier ne nous accorde que 1h30.
Je mange soupe; assiette de nouilles et Perrier. Je m'endors dans mon assiette. Je préfère alors dormir par-terre plutôt que de perdre du temps pour aller au "dortoir". Il y a une musique débile de Carlos à propos de bananes qui passe en boucle. Je dors par intermitence. Notre troisième larron dort dans son assiette. Le policier s'impatiente. Et puis il me faut aller faire la grosse commission. Nous repartons vers 4H.

Genoux très douloureux; remontées gastriques; mal aux fesses.Un groupe nous a rejoint dont un charcutier de la Cooperl. Je passe pourtant bien les bosses mais après Longny sur le plat celà accélère. Le revêtement est mauvais et j'ai trop mal au cul pour suivre. Tous ceux que j'avais aidé me laissent tomber. La route de Brezoles-Dreux est un calvaire. Beaucoup de vélo me doublent mais je ne peux pas prendre les roues sur ce bitume de merde. Il pleut sans discontinuer. C'est dur mais je connais ces routes.

Dreux: 7h49 . J'y rencontre Joel Gaborit qui a très mal à l'épaule. Je remange nouilles Perrier qui me soulève l'estomac. Je me fais masser le genoux par la Croix Rouge, mais leur crème est très light.

Je repars seul avec mes haut le coeur.
Je crève. Je répare et je reparts. Avec mes maux d'estomac je n'ose plus trop manger ni boire et me m'affaiblit. Des vélos me passent mais je ne peux prendre les roues. La forêt de Rambouillet que je connais si bien. La côte de Gambaiseuil; je la termine difficilement. En haut, il y a des gars du CTR de Rambouillet qui mez reconnaissent. Je discute un moment et soudain passe un femme. Je me dis "Laurent, si une femme le fait tu dois le faire. Tu dois aller la féliciter". Je laisse mes connaissances pour féliciter cette jeune femme qui est avec son mari. C'est un couple d'Ardéchois. A discuter avec eux, le moral et la forme sont revenus. Je leur ouvre la route sur ce tronçon que je connais bien.

Nous arrivons à L'arrivée finale à 12h45. J'ai mis 64h30.

Il y a du monde. Celà fait chaud au coeur.

La morale de cette histoire, c'est que j'ai fait l'idiot en allant trop vite dans les bosses à l'aller.

Il faut toujours garder le moral car après des baisses de forme, celle-ci revient. Il faut attendre et tenir jusqu'à ce retour de forme.

Je pense que je reviendrais dans 4 ans et j'espère dans 8 avec mon fils aîné.

Je garde un souvenir impérissable de cette épreuve. Un mois plus tard j'en rêve encore la nuit.

Contribution envoyée par Laurent.

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