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Votre Paris-Brest-Paris |
Un Paris-Brest pour mes 40 ans
Dans le même temps, j'entame une recherche d'informations sur la préparation et les épreuves longues distances. Ces recherches me rapprochent de Marcel Landais (club de Saint Sébastien sur Loire 44). La route vers le Paris Brest Paris 2007 passe par Bordeaux Madrid 2005*, Bordeaux Paris 2006 * et les brevets qualificatifs (200, 300, 400 et 600km). Réfléchi, organisé, je connais mes possibilités et mes limites. Je pars en direction de Paris avec une équipe d'assistants dont j'ai toute confiance. Cette équipe est constituée de trois personnes. Tout d'abord, mon épouse Christèle m'apporte la sagesse, les soins, le lien affectif. Puis deux Mac Gyver nous accompagnent. Christophe Champion (un cousin) c'est le goût du défi, les mots d'encouragements et de motivations. Laurent Hermet (un ami) c'est la sérénité, l'aventure et la connaissance du vélo. Des partenaires m'accompagnent à distance, www.velofute.com et les cycles Frédéric Thiré (Pont Saint Martin 44), ainsi que mes partenaires du Team Sud Loire et mes collègues de travail. Une organisation digne d'une grande épreuve Dimanche 19 août, nous nous rendons à Guyancourt pour les formalités d'usage, dossier d'inscription et présentation de l'éclairage. Cette dernière est reportée au lendemain pour cause de mauvais temps. Le PBP dispose d'une organisation digne d'une grande épreuve sportive qu'elle est. Les statistiques sont à la hauteur de sa réputation. Un nombre incalculable de bénévoles et de badauds accompagnent sur les 1227km du parcours les 5300 inscrits de 42 nationalités différentes. De Guyancourt à Brest, les villes contrôles sont là comme des oasis sur le chemin du bâton de maréchal. Nous revenons pour les opérations de départ de la catégorie des moins de 80 heures fixé à 20 heures lundi 20 août. Un nombre impressionnant de cyclistes longe un long corridor d'accès aux tables de pointage. Le premier départ est donné à 20 heures, puis un second à 20 heures15 et un troisième 15 minutes plus tard. Je prends le second départ. Autour de moi on parle essentiellement le français, l'italien et l'anglais. Le trac, l'émotion m'envahissent mais la présence de mon assistance et des cyclos de Saint Sébastien sur Loire (Sylvie et Laurent) me rassure. Soudain tout s'accélère, le compte à rebours puis le starter retenti dans un ciel menaçant. Nous nous élançons sous le regard et les applaudissements d'une foule compacte. Les premiers kilomètres sont sécurisés par la police et les officiels. Km12, j'ouvre le bal des crevaisons du PBP. Je prends soin de laisser passer tout le peloton avant de m'arrêter pour réparer. Une fois réparée une seule idée m'obsède, rejoindre le plus vite possible un bon groupe. Km25, je dépasse une succession de groupes retardataires. Km 140 (Mortagne au P.), j'ai mis 4h35 contre 4h17 pour les premiers. Km 250, je rejoins les premiers de mon départ (départ de 20h15). Km310 (Fougères), une fin de nuit pluvieuse et je me change entièrement. Je repars en direction de Tinténiac seul. Km525 (Carhaix-P.), je suis dans un groupe de 6 ou 7 unités pour aller à Brest. Km615 (Brest), j'ai pronostiqué une arrivée à 20h36 (mardi), j'arrive à 20h32. Un véritable calvaire Mardi 21h12, je m'engage sur le chemin du retour. Je roule en direction de Roc Trévézel (alt. 384m) avec un américain. Nous échangeons quelques mots en anglais. Le PBP permet de réviser le si peu de mots anglais que je connaisse. Peu après, je l'abandonne avec deux cyclos que nous venons de rattraper. Je lui explique que je veux rouler plus vite. En effet j'ai de très bonnes sensations. Km699 (Carhaix-P.), en direction du neuvième contrôle je croise et double plusieurs concurrents. Km775 (Loudéac), la route pour rallier le contrôle N° 10 va devenir un véritable calvaire. Après un second contrôle surprise une fringale dûe au manque de sel me fait rouler à 18km/h. Je suis à l'agonie. Km860 (Tinténiac), à ce contrôle je ne tiens plus debout. Une bénévole suggère de me reposer, je refuse. Mon assistance me prépare une salade de pommes de terre, des pâtes et un gâteau de riz. Le PBP je l'ai préparé psychologiquement et j'ai envisagé de dormir qu'en arrivant à Paris. Km915 (Fougère), J'ai retrouvé de bonnes sensations et on m'annonce être à la 75ième place. Je joue la prudence et je mange des pâtes et un gâteau de riz et perd une nouvelle fois 45 minutes. Je roule en direction du prochain contrôle et je continue de dépasser des concurrents. Km1003 (Villaines la J.) une foule, sous la pluie, est là, je suis impressionné. A nouveau je mange des pâtes et un gâteau de riz. Km1085 (Mortagne au P.), j'arrive seul sous des trompes d'eau et un vent toujours défavorable. Je pointe et on m'annonce la 65ième position. Il faut tenir, car de nombreux cyclos abandonnent dans les derniers kilomètres. Pour ma part je suis très motivé pour finir le PBP. Je demande à mon assistance de mettre une lampe supplémentaire. Je peux aller plus vite mais je ne vois rien dans la nuit. La nuit qui tombe est menaçante, la pluie veut une nouvelle fois arrosé le PBP. Km1159 (Dreux), j'ai rattrapé un concurrent juste avant Dreux. La pluie tombe fortement et nous oblige à partir sans tarder. Il reste que quelques kilomètres avant l'arrivée. Nous repartons en compagnie d'un troisième cyclo. Impatient d'en finir Jeudi 0h25, nous partons en direction Guyancourt sous une forte pluie. Nous avons du mal à voir les panneaux directionnels de l'organisation. Nous nous perdons une première fois, puis une seconde et une troisième, jusqu'au point de ne plus savoir où nous sommes. J'en ai marre et je suis très impatient d'en finir. Nous sommes toujours perdus, quand un couple d'américains nous rejoint et nous remet sur le bon chemin. Notre groupe est internationalisé lorsque nous entrons dans Guyancourt. Au bout d'un boulevard, nous voyons enfin le gymnase des Droits de l'Homme. Ouf, mais je suis déçu par tous les aléas qui m'ont retardés. Je pointe et on m'annonce être le 55ième arrivant. Il est 4h32. De retour à Nantes, je mets 24h à prendre conscience de ce que je viens de réaliser. Toutefois, je conserverais longtemps les images du PBP qui ont marqué mon esprit. L'organisation, les bénévoles et les badauds font du Paris Brest Paris une épreuve hors du commun. Une seconde image a retenu mon attention, c'est le regard des spectateurs et notamment celui de ma femme. Dans ce regard j'ai vu le sentiment d'une fierté. Aussi j'ai été surpris de tous les messages de félicitation, famille, collègues de travail, clients des cycles F. Thiré et des amis. Le plus important c'est un grand merci à Christophe Champion, Laurent Hermet et Christèle Paillusson pour leur dévouement lors de cette épreuve. Franck Paillusson 637
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