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127 vidéos et plusieurs centaines de photos en ligne du Paris-Brest-Paris 2007 ! 127 vidéos et plusieurs centaines de photos en ligne du Paris-Brest-Paris 2007 !
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Le PBP, c'est pas de la tarte !
La récompense

recompense1 Le seizième Paris-Brest-Paris s'achève. Pour les habitués, une des éditions les plus dures. On a assez parlé des conditions climatiques. Plus de vingt heures de pluie violente. Un vent contraire, à l'aller et au retour. Très casse-gueule (nombreuses chutes). Le froid et l'humidité pour le corps, des heures et des heures. Tous les problèmes qui en découlent sont à l'arrivée: les tendinites, les fesses en sang, les crampes, les ampoules, les pieds mouillés d'un blanc cadavérique... Un randonneur qui en est à sa sixième participation : «J'ai souffert comme je n'ai jamais souffert. »

Un record d'abandons : 1 548. Trente pour cent de l'effectif, alors que le pourcentage était, précédemment, de dix et douze pour cent.

Solidarité

solidarité2 Ça tient de la fête baroque, de Ghelderode, d'Ensor, de la kermesse flamande (pas seulement à cause de l'été pourri). Avec des masques, des grimaces, des cernes, des gerçures, des pleurs, des déhanchements, des claudications.

Tout au long des aires de contrôle (Mortagne-Au-Perche, Villaines-La-Juhel, Fougères, Tinteniac, Loudéac, Carhaix-Plouguer, Brest, auxquels au retour s'ajoute Dreux), de jour, de nuit, corps meurtris, regards douloureux, ils viennent par petits groupes se réchauffer, se restaurer, se sécher, dormir. La nuit surtout.

La pluie et le beau temps

pluie 1 Carhaix. Journée grise, imbibée de pluie. Ciel bas et lourd. La route couleur de cendres. On connaît. Mais quand il s'agit d'une longue et rude randonnée, et que la pluie ne cesse de réciter son affligeante litanie, beaucoup des courageux pédaleurs en arrivent à perdre les pédales.

On n'a jamais enregistré autant d'abandons, à l'heure où sur la route bretonne se croisent ceux qui doivent encore rejoindre Brest et ceux qui en reviennent. Et pourtant, il faisait un beau soleil sur Brest ce matin.

Cette concurrente brestoise ne réalisera pas son rêve: elle s'était vue dévalant la dernière côte dans sa ville, plongeant sur le port de Commerce et la mer couleur d'ardoise. Elle a jeté l'éponge. Elle venait de changer de tenue. Et au moment de reprendre la route, la pluie battante l'a cueillie, elle a pensé qu'au prochain contrôle elle n'aurait plus de vêtements secs à se mettre. « Je ne me suis pas vue à nouveau trempée. » Elle n'est pas repartie. Elle s'était pourtant préparée dans la tête, mais n'avait imaginé qu'un scénario beau temps. La dernière édition avait bénéficié d'un temps clément. « Cette épreuve, c'est la fête. La fête, pour moi, c'est le soleil. Quel plaisir peut-on avoir à pédaler sous la pluie? »

Un Allemand, dans l'hôtel. « J'ai décidé de rentrer à Paris. Avec ce temps, il n'y a plus de plaisir. »

Crazy

crazy 2 Villaines-la-Juhel. Les grandes vagues du départ ont été disloquées au cours de la nuit. Pluie dense pendant plusieurs heures, froid intense. Au matin, vent glacial venant de trois quarts, vent mauvais qui n'emporte pas, mais qui contre. Les audacieux (d'où le mot Audax ramené d'Italie par Henri Desgranges) passent au point de contrôle par petits groupes et, selon, se restaurent, se font masser, examiner par le docteur, soigner, puis repartent.
Des abandons déjà, un problème ophtalmologique, deux troubles cardiaques, un traumatisme thoracique sur chute, pour les autres le mental n'a pas tenu.
Un peu plus de gens qui « sont mal » au bout de 200 km que lors de la précédente édition, en dépit de la préparation rigoureuse requise.

La kermesse héroïque

kermesse 1 Au fur et à mesure que le départ approche, la concentration de ces dernières heures (perceptible chez les « récidivistes », paralysante chez certains néophytes), la boule au creux de l'estomac, laissent place à des préoccupations plus précises. Le temps de plus en plus menaçant, le froid automnal qui a surpris dans la matinée de lundi. On redoute une pluie battante au moment du départ. Comment se protéger ? Des Italiens révèlent leur recette : s'enduire le corps d'une crème grasse « à base de piment ». D'autres concurrents se recouvrent les jambes d'huile chauffante. « La pluie, ça change tout, dit l'un d'eux. Au point de vue sécurité. La visibilité est un problème, la nuit surtout. » C'est un leitmotiv : « On ne verra pas grand chose. »

La classe

cycloàpoils

Plus de cinq mille participants. Un peu comme des écoliers qui attendent l'ouverture de leur école. Une école organisée tous les quatre ans. La plus grande du monde. La plus dure. Des élèves de tous les âges, de toutes les nationalités. Les plus jeunes ont tout juste dix-huit ans, les plus âgés quatre-vingts balais. Tous les looks: moustachus, chevelus, catogans, ventre bedonnants, mollets saillants... Aujourd'hui, à Guyancourt (Communauté d'Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines), contrôle. Ils sont agglutinés dans un gymnase, inscription officielle, remise des plaques de cadre, des carnets de route, éventuellement achat de maillots et d'aliments énergétiques. Ils déposent leurs machines numérotées autour d'un stade: des vélos de toutes les formes, avec ou sans garde-boue, des tricycles, des tandems, des engins ramassés sur eux-mêmes impatients de se déplier, des VTT aux roues boueuses, des prototypes à coques rouges. Un concurrent se fait rappeler à l'ordre par le haut-parleur parce qu'il a oublié, je ne sais où, son portefeuille, « avec tout ce qu'il y a dedans. »

 

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